#129


Tout me plaisait chez elle,
ses épaules, ses mollets, ses rotules.

Son corps était une merveille:
Un œsophage de rêve,
un pancréas fabuleusement profilé..
Et une vésicule biliaire très élégante,
en toute circonstances.

De son corps, je garde un document très, très intime,
que je conserve jalousement à l'abri des regards...

Je suis tellement excité à chaque fois que je me le dévoile,
pour moi seul...

Une radiographie de ses poumons, 
la vache,
la paire de poumons qu'elle se payait.
Comment rester insensible, on n'est pas de bois.

Jean claude Tergal

Commentaires


  1. Dis-donc ,tu es doué en tricot . Ta maman est gâtée
    Tergal me fait penser à Brigitte Fontaine :

    "Eternelle"
    Je veux être aimée pour moi-même
    Et non pas pour mes ornements
    Je veux être adorée quand même
    Sans cheveux, sans chair et sans gants

    Belle dans le simple appareil
    D'une fille arrachée au sommeil
    Eternelle éternelle

    Avec des habits, c'est facile
    Avec des bijoux, des fourrures
    J'aime ce qui est difficile
    Je veux être aimée sans parure
    Je veux être aimée pour ma peau
    Et non pas pour des peaux de bêtes
    Aimée pour la soie de mon dos
    Et non pour les soies qui me vêtent

    Belle dans le simple appareil
    D'une fille arrachée au sommeil
    Eternelle éternelle

    Avec des cheveux c'est facile
    On peut se cacher derrière eux
    J'aime ce qui est difficile
    Je veux être aimée sans cheveux
    Je veux être aimée pour mon crâne
    Pour mon petit os pariétal
    Je veux que les hommes se damnent
    Pour mon charmant occipital

    Belle dans le simple appareil
    D'une fille arrachée au sommeil
    Eternelle éternelle

    Avec des chairs c'est trop facile
    C'est vulgaire et c'est malhonnête
    J'aime ce qui est difficile
    Je veux qu'on aime mon squelette
    Je veux être aimée pour le pire
    Je veux être aimée pour mes os
    Je veux que les hommes délirent
    Comme des chiens sentimentaux

    Belle dans le simple appareil
    D'une fille arrachée au sommeil
    Eternelle éternelle Eternelle éternelle..."


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  2. Au moins, elle n'aura pas trop froid par ce printemps frisquet!

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  3. Un peu d'histoire ?

    Les croisés pénètrent enfin dans Constantinople/Byzance :
    Byzance se révélait effrayante.
    Dans la cohue de cette foule bigarrée, méfiants, le buste droit, une main sur la poignée de leur arme, ils progressaient vers le coeur antique de la cité, en se préservant du contact des Grecs et des musulmans.
    A chaque croisement, d’immenses statues de dieux et de déesses nus les confrontaient à des époques révolues. Au-dessus des remous humains, l’homme , l’homme minéral montrait son sexe de nacre et la femme de marbre tendait ses seins polis par les siècles. Anne en était troublée ; Carle outré. Les forums, les temples en ruine, les hippodromes regorgeaient de représentations païennes qui mettaient à mal leur pudeur et leur conscience. Ils rencontraient des croisés qui se signaient et se desséchaient le gosier à force de maudire ces images. Il n’y avait pas d’apaisement possible, leur haine augmentait au fur et à mesure qu’ils rencontraient des porteurs de turban et de tchalma ; des infidèles qui se promenaient et commerçaient en toute impunité, des pourritures turques et sarrasines, des rats aux sourires en demi-lune qui avaient l’air de les jauger, prêts à leur couper la gorge. Anne et Carle étaient sur leur gardes.
    - Ces chiens sont partout, pesta le forgeron.
    - Dieu veut nous mettre à l’épreuve, répondit Anne. Qu’allons-nous trouver à Jérusalem ?
    - Les légions de l’enfer !
    Carle enrageait. Lui, qui avait tant envie de se battre contre les armées du Croissant, bousculait les marchands arabes, les caravaniers persans, se frottait à la suffisance des Turc. Dès qu’il mettrait un pied en Orient, il en tuerait le plus possible pour hâter le jour de la parousie...
    *******
    Les lieux suaient l’or. Tous les matériaux utilisés étaient nobles. Ceux qui avaient pris la croix pour l’amour de Jésus et la gloire des Cieux, les purs, rougissaient à la vue des nudités antiques, des vénus aux seins laiteux émergeant des bosquets, des apollons au sexe usé par les pluies. Les canons grecs de la beauté classique n’entraient pas dans leur conception d’un art essentiellement religieux, voué à la représentation de Christs torturés, de Vierges pudiques et de saints ascétiques.
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    Extrait de La croisade des voleurs - Jean-Michel Thibaux
    Toute similitude avec des individus vivant au XXIème siècle ne serait que pure coïncidence .






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